Texte écrit par ParaziteLucas se traînait sur le papier, las de son entourage, blasé des mots qu'il traçait sans cesse. Toujours ses mêmes amis : Helena, la savante qui peut avoir réponse à toutes les questions mathématiques, George, l'irrésistible bourreau de ses mots et Etienne, coiffé de Marine l'effaceuse, celui qui le remplaçait parfois dans ses heures perdues. Il claqua, rentra son arme et se reposa à côté de tous ses amis. Il ferma ses yeux... et s'endormit. A son réveil, il avait changé de lieu de contenance, un échange de propriétaire certainement, dont l'odeur était infecte. Il regarda autour de lui un peu plus distinctement. Le noir ambiant et l'atmosphère étaient pesants, mais il entendit quelques craquements et un de ses semblables lui apparut. Il semblait fatigué et il avait un membre mutilé. « Ah, toi aussi mon ami ! Te voilà dans le même bateau que moi, nous serons donc deux sur le chemin de la mort ». Lucas, étonné, lui répondit : « Je ne suis point votre ami, noble étranger, et je ne compte pas mourir, je suis encore usuel. Dites-moi, camarade écrivain, quel est donc votre nom et par quel hasard vous trouvez-vous ici ? ». Ni une ni deux, l'étranger répliqua à Lucas que ce n'était point un hasard si lui, Monseigneur l'Archiduc de Marmille, en était ici aujourd'hui, que ce n'était que le destin qui l'y avait emmené, et que la sortie de cet endroit se résumait à la mort. « Mais, Monseigneur, je ne veux point mourir, et je suis jeune et en bonne forme, ma vie n'est pas finie, et si tel est le cas (que je vais mourir), ma fois, mes amis me manqueront beaucoup » Lucas continua après une petite pause « Et je ne crois pas au destin, il serait mal fait que d'envoyer ma personne dans les oubliettes ». L'Archiduc eut un sursaut « Quoi, malheureux amis, pensez vous que c'est dont vous qui avez rédigé toutes les phrases de votre vie ? Détrompez-vous, vous n'étiez point maître de vos actes, le destin vous y a conduit, le destin est celui qui dicte tout de notre vie ! ». « Monseigneur, je m'en vois gêné d'adhérer maintenant à votre pensée, vous dites donc vrai, je n'ai jamais pensé les phrases avant de les écrire, je doit donc être sous l'emprise du destin. Enseignez-moi donc comment je puis échapper à ce destin... » L'Archiduc le considéra un instant avec un regard empli de pitié et commença son discours : « Mon pauvre ami, nous n'échappons pas au destin, et même si nous nous réincarnions, nous n'y échapperons pas plus. Comprenez-vous donc que nous ne sommes que des êtres soumis à une volonté bien plus puissante, celle-ci même qui dicte nos mots. Nous serons mort bientôt, et vous dites que vos amis vous manquent, peut-être aurez vous la chance de les revoir dans l'au-delà... ». Lucas trembla, il se sentait seul et triste, mais très intéressé par les paroles du seigneur de Marmille, il était si curieux qu'il demanda a en savoir plus « Monsieur de Marmille, n'avez-vous donc point d'opinion sur l'après mort ? Êtes vous incertain de ce qui nous attends après cet évènement ? Ne pensez-vous point que notre âme subsiste et que nous accédons au paradis ? ». L'archiduc se fit un énorme plaisir de répondre à ses questions « Mon cher disciple, comprenez donc que nous n'allons pas au paradis, que nous ne nous réincarnerons point. Non, nous accèderons au registre suprême, celui ou nous déverseront les mots que nous avons accumulés durant notre courte existence, et si le destin vous à placé prématurément ici, c'est que les lettres que vous avez former sont de haute importance et n'attendent plus que de se coller dans le savoir absolu et qu'elles ne peuvent être oubliées » le duc marqua une courte pause, reprenant sa respiration « Après avoir dicter votre mémoire au répertoire, vous accèderez à la reconnaissance éternelle, et vous pourrez librement, hors de votre corps, en un voyage de l'esprit uniquement, revoir le monde que vous chérissiez tant, mais à nouveau, c'est le destin qui vous poussera ». L'archiduc toussota, cracha un peu d'ancre et déclara : « mon cher disciple, je n'aurais point le loisir d'attendre ma propre mise à mort, je me fait vieux et je n'ai plus qu'un seul désir, dites-moi donc quel sont les derniers mots que vous avez écrits, ceux qui sont si important, je ne doit point les avoir écrits moi-même si je me trouve en fin de vie ici-bas, dans cet antre puant, dites le moi avant que je cède mon dernier souffle ». Lucas regarda le vieux, se pencha vers lui et lui murmura « Mes derniers griffonnés étaient simples, je m'en souviens encore, ils sont mystérieux, et je ne connaissait pas leur sens, mais maintenant, je crois que c'est ce que je ressentais pour Marine... j'avais écrit : « je t'aime » ». Le vieux sourit, voilà donc ces mots qui étaient si précieux pour exiger le sacrifice d'un être, il toussota une dernière fois et s'effaça. Peu de temps après, Lucas fut broyé et il accéda au registre, ou il put délivrer ces mots précieux.
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Je ne peut pas m'étendre sur des critiques, le texte étant de moi, mais j'en reçoit volontiers